Accusés

July 19, 2016

Marcel Barbeault, Le Tueur de l’Ombre

Filed under: Faites Entrer l'Accusé,Oise,Tueur — Poltoine @ 10:26 pm

20160720-002448.jpgIl abattait ses victimes à l’aide d’une arme à feu, une carabine 22 long rifle. Il les déshabillait sans, toutefois, les violer, et les dépouillait, fait rare chez les tueurs en série. Pourtant Marcel Barbeault était mari et père exemplaire, renfermé et « banal ». C’est ce comportement qui lui a permis pendant des années de passer à travers les filets de la police.

Finalement, après plus de 7 ans de traque, il sera arrêté grâce à un témoignage anonyme et au flair de l’inspecteur de police Daniel Neveu. Celui-ci découvrit que la clé de l’énigme était le cimetière de Nogent-sur-Oise. Celui-ci se trouvait au centre du triangle où s’étaient produits tous les meurtres. De plus, le double meurtre sur un couple avait eu lieu sur le parking du cimetière de Laigneville. Or ce meurtre, bien que différent des autres, était aussi attribuable au tueur de l’ombre. L’inspecteur Neveu en avait conclu que contrairement aux autres, celui ci n’était pas prémédité mais plus un meurtre “d’opportunité” et que donc le tueur se trouvait sur les lieux avant l’arrivée du couple et qu’il fréquentait peut-être régulièrement ce cimetière.

Le raisonnement du policier fut corroboré par la découverte d’une balle de carabine 22LR près d’un robinet d’eau dans le cimetière. Ce robinet était situé derrière l’église, difficile à trouver et dont seuls les habitués connaissaient l’existence. Le policier décida donc de recouper les noms des lettres de dénonciation et les patronymes gravés sur les tombes du cimetière. Le petite liste obtenue permettra de remonter jusqu’à Barbeault en 1976. Sa mère était enterrée dans le cimetière de Nogent depuis 1968.

Lors de la perquisition, sera retrouvée dans sa cave une carabine sciée avec silencieux, un imperméable et différentes casquettes. L’analyse balistique révèlera que l’arme était celle utilisée pour deux des meurtres. Les armes des autres meurtres ne purent être retrouvées mais le mode opératoire similaire laissait peu de doutes sur un tueur unique. Marcel Barbeault ayant déjà été condamné pour cambriolage dans le passé, la police reprit la liste de tous les cambriolages commis dans la région et en découvrit un avec vol d’une carabine. Le propriétaire s’entraînait au tir avec cette carabine dans son jardin, les enquêteurs purent donc retrouver des douilles dans ce dernier et démontrer que celles-ci avaient servi à d’autres meurtres. Le cambriolage fut imputé à Barbeault. Les policiers purent également démontrer que les jours des meurtres correspondaient à des jours de repos de Barbeault qui travaillait dans une usine de la région.

Son procès s’ouvrit au Palais de justice de Beauvais le 25 mai 1981 devant la cour d’assises de l’Oise. Il dut répondre de cinq meurtres dont il était accusé. Les 3 autres meurtres attribués à Barbeault n’ont pu être retenus contre lui faute de preuves. Il niera toujours être le tueur de l’ombre, malgré de lourds éléments à charge et il restera très froid pendant la durée de son procès. L’avocat général requit la peine de mort (même si celle-ci avait peu de chance d’être appliquée puisque François Mitterrand venait d’être élu Président de la république et avait annoncé son abolition prochaine). Marcel Barbeault fut condamné le 10 juin 1981 à la prison à perpétuité. S’étant pourvu en cassation, il fut rejugé en novembre 1983 et de nouveau condamné à la prison à vie.

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June 9, 2012

Poncé Gaudissard

Filed under: Faites Entrer l'Accusé — Poltoine @ 9:06 pm

Le Mystère de Merargues

Synopsis : Le 31 mars 2003, Chantal d’Amato et Audrey, sa fille, sont sauvagement assassinées dans leur maison. Mais les traces ADN retrouvées sur les lieux du crime ne correspondent à personne. Pris en flagrant délit de viol près d’Aix-en-Provence, Ponce Gaudissard, un violeur récidiviste, intéresse d’autant plus la police qu’il travaille dans la société de transports qui employait Audrey d’Amato. La police découvre une lettre envoyée à la société de transports du chauffeur de bus. Le courrier, signé de la main du Procureur, exige des renseignements sur Gaudissard pour indemniser l’une de ses anciennes victimes. C’est Audrey d’Amato qui a traité le dossier. En 2008, le procès s’ouvre avec un dossier sans aveux ni preuves matérielles, mais beaucoup d’anciennes victimes qui défilent à la barre. Ponce est condamné à la perpétuité en appel

October 18, 2011

Les Frêres Jourdain

Filed under: Faites Entrer l'Accusé — Poltoine @ 3:02 pm

Le 11 février 1997 dans le Pas-de-Calais, Peggy, Amélie, Isabelle et Audrey, âgées de 17 à 20 ans, se sont rendues à une soirée de carnaval. On ne les a jamais revues. Les coupables : Jean-Michel et Jean-Louis Jourdain, deux hommes déjà condamnés, l’un pour viol, l’autre pour meurtre. Christophe Hondelatte revient sur les premiers jours des recherches avec Gérald Lesigne, procureur de la République de Boulogne-sur-Mer. A ce moment-là, la police pense à une fugue. Mais dix jours après, les frères Jourdain sont arrêtés. Jean-Louis craque lors de sa garde à vue et conduit les policiers aux corps martyrisés de Peggy, Amélie, Isabelle et Audrey, enterrés sur la plage de Sainte-Cécile, près du Touquet. A l’issue de leur procès en appel, les frères Jourdain ont été condamnés à la prison à perpétuité.

Les familles, n’ayant plus de nouvelles des filles après la fête qui se poursuivait à Équihen-Plage, contactent la police de Boulogne-sur-Mer qui ouvre une enquête pour « disparitions inquiétantes »[3], même si cette dernière et le procureur de la République privilégie la thèse de la fugue[3].

Les familles entament des recherches de leur côté et cela permet d’avoir des témoignages, notamment sur une camionnette suspecte le soir du drame. Remontant la piste de cette camionnette, les policiers arrêtent deux ferrailleurs de Dannes âgés de 35 et 37 ans[2], Jean-Michel et Jean-Louis Jourdain, neuf jours après la disparition. Déjà condamnés, l’un pour viol et l’autre pour meurtre[1], ceux qui seront surnommés par les médias « les frères siamois de l’horreur »[4] ou « les monstres du Boulonnais »[3], sont interrogés. Depuis longtemps, ceux-ci et leur famille sont considérés comme des marginaux violents dans leur village[2] où ils vivent dans une maison délabrée.

En garde-à-vue, le frère ainé Jean-Michel ne lâche rien, mais Jean-Louis finit par avouer l’endroit où se trouvent les corps : la plage de Sainte-Cécile[1], près du Touquet, à proximité d’une casemate allemande de la Seconde Guerre mondiale[1]. Les corps, rhabillés à la hâte[2], sont effectivement retrouvés tête-bêche[4] dans une fosse recouverte de sable[1]. Les frères auraient enlevé les filles qui faisaient de l’auto-stop[4].

Les autopsies montrent des signes importants de violence et de viol[1], mais aussi l’enterrement vivant d’une des victimes[2]. L’horreur du crime (actes de barbarie) eut un écho important dans la région et la maison familiale des Jourdain fut même incendiée[1]. Le fait qu’ils soient récidivistes en rajoute à la colère de la population[2].

Les deux frères, après s’être rejeté la responsabilité du viol et du meurtre de jeunes adolescentes[1], sont finalement condamnés en 2000 à la prison à perpétuité assortie de peines de sûreté de vingt-deux et vingt ans[1] pour enlèvements, séquestrations, viols et assassinats. Deux années plus tard, la peine est confirmée en appel[1].

Claude Lastennet

Filed under: Faites Entrer l'Accusé — Poltoine @ 2:51 pm

Claude Lastennet. Ou comment un jeune homme sans histoires, devient un tueur en série. Son premier meurtre, il l’a commis à 23 ans, presque par hasard. Il tentait de cambrioler une vieille dame. Elle a résisté. Il l’a tuée. Et il y a pris goût. De la manière la plus crue ; en trempant son doigt dans le sang de sa victime, avant de le porter à sa bouche…Dans les cinq mois qui ont suivi, il a récidivé cinq fois, tuant quatre de ses cinq victimes. Des victimes qui habitaient seules, toutes en région parisienne, le long de la même ligne de bus. Toutes étaient très âgées, et avaient attiré l’attention de Claude Lastenet sur un détail. Le 15 novembre 1993, François Bonin passe voir sa mère. Antoinette a 76 ans, et vit à Thiais, dans la banlieue parisienne. Mais, en arrivant chez elle, il tombe sur un jeune homme qui prétend aider la vieille dame, victime d’un malaise. François se précipite auprès d’elle, pour découvrir qu’Antoinette est morte. Le jeune homme en profite pour s’éclipser… François Bonin comprend alors, qu’il vient de croiser l’assassin de sa mère. Mais la police a beaucoup de mal à croire sa version. Nicole Bonin, la femme de François, se souvient de la suspicion et de l’acharnement dont le couple a été victime de la part d’une brigade criminelle, pressée de voir les Bonin avouer le meurtre d’Antoinette. Le 9 janvier 1994, le père Irénée retrouve sa mère, Violette de Ferluc, 92 ans, étranglée dans son appartement de Thiais. Deux jours plus tard, un informateur met les policiers sur la piste d’un suspect, Claude Lastennet. Un jeune chômeur qui cherchait à utiliser une carte bancaire au nom de Violette de Ferluc. Ils le cueillent aussitôt au foyer des jeunes de Chevilly-Larue. Et Claude Lastennet avoue. Il a bien tué Violette de Ferluc. Mais ce n’est pas tout. Il avoue spontanément quatre autres meurtres, commis entre le 24 août 1993 et son arrestation. Celui d’Antoinette Bonin, mais aussi celui de Marcelle Cavillier, 87 ans à Chevilly-Larue, Raymonde Dolisy, 72 ans, à Boulogne-Billancourt, Augustine Royer, 91 ans, à Bourg-la-Reine. Toutes ont été étranglées. Une seule a survécu : Rosalie Czajka, qui, malgré ses 82 ans, s’est si bien défendue, qu’elle a mis en fuite son agresseur en fuite ! Aux dires des psychiatres qui l’ont examiné, Claude Lastennet présente le profil type du serial killer : une enfance douloureuse, marquée par une idéalisation de la mère. Claude Lastennet n’a jamais connu son père et a vécu auprès (…)

October 16, 2011

André et Geneviève Gournier

Filed under: Faites Entrer l'Accusé — Poltoine @ 10:40 pm

20111017-004549.jpgAndré et Geneviève Gournier se sont-ils suicidés ou bien ont-ils été empoisonnés par leur fils ? Empoisonnés par une injection de Tracrium, une forme de curare utilisée dans les blocs opératoires ?… Pour les enquêteurs, cette dernière thèse était la plus crédible. Ils se sont trompés. Après 10 ans de marathon judiciaire et une condamnation par les Assises de la Loire, Jean-Paul Gournier a finalement été acquitté. Reste la thèse du suicide. Techniquement possible, mais difficile à concevoir… Reste un mystère. Comment et surtout pourquoi cet homme de 75 ans et cette femme de 81 ans sont-ils morts ?…. C’est le 30 novembre 1999, dans leur maison de Saint-Priest-en-Jarez, dans la Loire, qu’on a découvert les corps d’André et Geneviève. Tous deux étaient affalés sur des fauteuils du salon, à côté de la cheminée. Dans la cuisine, le bouton du gaz était ouvert, mais il n’y avait pas d’odeur suspecte et la bombonne était vide. Dans une chambre, le fer à repasser était allumé, et posé sur un rideau en nylon. Et sur le bras de Geneviève, il y avait une trace de piqûre… A l’époque, les premiers rapports concluent à une mort naturelle. Un empoisonnement, peut être par des champignons, comme le suggère le fils du couple, qui est médecin et qui ne les a pas trouvés très bien la veille des faits… mais l’explication est un peu courte pour le juge, qui demande une expertise toxicologique. En attendant les résultats, la vie du couple est passée au crible. Et elle n’a pas toujours été simple. En 1974, Geneviève avait 57 ans quand elle a découvert que son mari la trompait. Pendant 25 ans, elle le lui a fait payer ! En faisant chambre à part, en lui lançant des ” bras d’honneur ” dès qu’il avait le dos tourné… En 1997, deux ans avant leur mort, elle a découvert que son mari la trompait encore. Le retraité fréquentait une prostituée, sur une aire d’autoroute. Depuis, elle répétait à tout le monde qu’elle le tuerait, et qu’elle brûlerait cette maison, qui a abrité ces adultères. Pour les proches des Gournier, l’affaire est entendue. Geneviève a tué André et s’est suicidée ensuite. Mais l’enquête montre aussi que les deux retraités avaient des projets pour les mois à venir. Les policiers se penchent sur l’emploi du temps du couple, pour apprendre que deux jours avant le drame, André est allé voir la prostituée. Il était rentré blessé au crâne après un accident de la route. Alerté, son fils Jean-Paul, cardiologue, était passé dans la soirée. Et le (…)

September 3, 2011

Michel Fourniret

Filed under: Faites Entrer l'Accusé — Poltoine @ 9:38 pm

Michel Fourniret. Sans doute, le pire tueur en série français. Avec sa femme Monique Olivier, ils forment le couple le plus incroyable de notre histoire criminelle. Ensemble, ils partaient à la ” chasse aux vierges “. Entre 1987 et 2003, ils ont ainsi “rabattu”, violé, tué, sept jeunes femmes âgées de 12 à 21 ans. A l’unique victime qui lui a échappé, Michel Fourniret a même confié : “Je suis pire que Dutroux !”. Né en 1942, Michel Fourniret a commencé son parcours criminel par des attouchements. Il avait alors 24 ans. Condamné, il a récidivé, et a été de nouveau arrêté en 1984. Et contre toute attente, devant le Commandant Patrick Rousselot, ce n’est pas une mais quinze agressions sexuelles qu’il a avouées. Des agressions qu’il a même répertoriées, à la manière d’un entomologiste, dans un tableau truffé de détails pervers. Un cynisme incroyable, dans lequel il a révélé son obsession de la virginité. Dahina Le Guennan est l’une de ses premières victimes. Dans son tableau, Fourniret parle d’elle comme de son ” cas le plus grave “. Présente en plateau, elle raconte son calvaire. L’enlèvement et le viol que Michel Fourniret lui a fait subir, avant d’être condamné à sept ans de réclusion. C’est à ce moment là, en prison, que Michel Fourniret fait la connaissance de Monique Olivier. Celle qui deviendra sa femme et sa complice a répondu à une petite annonce publiée dans une revue catholique. Ils échangent de nombreuses lettres. Peu à peu le couple passe une sorte de ” pacte criminel “. Un contrat pervers que les deux amants suivront dès la sortie de prison de Fourniret. En effet, deux mois à peine après sa libération en décembre 1987, Michel Fourniret tue pour la première fois avec la complicité de Monique Olivier. Sa victime s’appelle Isabelle Laville, une Auxerroise de 17 ans. Suivront Farida Hamiche, 28 ans (à qui ils dérobent le magot du gang des Postiches !) ; Fabienne Leroy, 20 ans ; Jeanne-Marie Desramault, 21 ans ; Elisabeth Brichet, 12 ans ; Natacha Danais, 13 ans ; Céline Saison, 18 ans et Mananya Thumpong, 13 ans. Un parcours criminel qui ne prend fin qu’en 2003, lorsqu’une jeune Belge de 13 ans, Marie, échappe à une tentative d’enlèvement. Ses indications permettent alors aux policiers de remonter jusqu’à Michel Fourniret. Avec Christophe Hondelatte, le procureur Francis Nachbar revient sur l’enquête essentiellement dirigée par la police belge. Il évoque également ses face-à-faces marquants avec Michel Fourniret. Le procès du couple, qui (…)

Jacqueline Carrère-Ponthieux

Filed under: Faites Entrer l'Accusé — Poltoine @ 9:36 pm

Acquittée ! Après 13 ans de marathon judiciaire ! C’est l’histoire incroyable de Jacqueline Carrère-Ponthieux, accusée d’avoir assassiné son mari, et qui clame depuis toujours son innocence. Dans Faites entrer l’accusé, elle revient sur ces années de combat. Une bataille dans laquelle 23 experts ont été commis, et quatre procès d’assises ont été ouverts. Une affaire invraisemblable, au terme de laquelle personne n’a pu mettre un nom sur le meurtrier de Gérard Ponthieux… Tout a commencé le 22 septembre 1997, en pleine nuit, au Sulky, un bar de Nogent sur Marne. Son propriétaire a été agressé dans son lit, à l’étage. Son corps est lardé de coups percés avec un objet tranchant. Jacqueline, sa femme, qui dormait à ses cotés au moment de l’agression, témoigne. Ils se sont couchés vers 22h, après le souper. Vers 2h30, un homme les a réveillés, leur a demandé la caisse et la recette PMU. Elle est descendue la chercher au rez-de-chaussée. Et quand elle est remontée, l’homme avait disparu. Gérard gisait dans son lit, ensanglanté. L’autopsie révèle que Gérard Ponthieux n’a pas lutté avec son agresseur. Sur ses bras, l’expert relève des traces de défense, mais pas de riposte. Etonnant, quand on sait que Gérard était un sanguin, pas le genre d’homme à se laisser voler sans broncher. L’analyse toxicologique va fournir une explication satisfaisante. Elle décèle un taux anormalement élevé de Gamma OH dans le sang de Gérard. Il aurait été drogué avec du GHB, la drogue du violeur, ce qui expliquerait son apathie au moment des faits. Sa femme, qui a passé la soirée avec lui, est le suspect numéro un. D’autant plus qu’elle a un mobile : l’argent. Depuis leur rencontre onze ans plus tôt, ça a toujours été un sujet de tension au sein du couple. Surtout depuis que Jacqueline s’était fait la belle en emportant 200 000 francs ! Elle était revenue, mais elle avait dépensé tout l’argent… Depuis, Gérard lui avait fait signer une reconnaissance de dette. Et depuis que Jacqueline gérait la comptabilité du Sulky, la situation financière du bar était catastrophique. Gérard, venait-il de tout découvrir ? Dans cette affaire la police n’a jamais retrouvé l’éventuel complice de Jacqueline Carrère. Mais la justice la poursuit quand même pour complicité d’assassinat. L’accusant d’avoir au moins drogué son mari pour l’affaiblir dans son sommeil. Seulement, au procès, l’expert toxicologue provoque un coup de théâtre ! A la lumière des progrès scientifiques, il révèle que le Gamma OH retrouvé dans le sang de Gérard a pu être secrété par le cadavre. L’accusation s’effondre. Mais le médecin légiste va la relever. D’après lui, les résidus retrouvés dans l’estomac prouvent que la victime a mangé peu de temps avant sa mort. Jacqueline aurait donc menti sur l’heure de la mort ; le procès renvoyé pour complément d’information. Lorsqu’il est rouvert, Jacqueline comparait cette fois pour meurtre. Les jurés découvrent avec stupeur les témoignages des enfants de Jaqueline. Avant de connaître Gérard, elle en a eu trois, qu’elle a tous abandonnés ! Un ex mari vient rappeler son goût immodéré pour l’argent. La défense ne s’en relève pas. Jacqueline Carrère-Ponthieux est condamnée à 15 ans de prison, et fait appel. Troisième procès, et nouveau rebondissement ! Un pompier intervenu chez les Ponthieux la nuit du crime, affirme que Gérard « gaspait ». En clair, il agonisait encore à 2h40 ! L’agression venait donc d’avoir lieu, comme l’a toujours dit l’accusée ! Le procès est à nouveau renvoyé. Pour son dernier rendez-vous avec la justice, la défense de Jacqueline Carrère- Ponthieux tire à boulets rouges sur l’enquête. Des éléments d’intrusion extérieure ont été relevés chez les Ponthieux la nuit des faits. Aucun n’a été exploité. Une tenaille trouvée sur le toit, une trace de pas sur une chaise de la terrasse, un mégot dans la cuisine… Plus fort, sur une photo, on voit une barre métallique au pied du lit. L’arme du crime ? On ne le saura jamais. La barre n’a pas été mise sous scellé… En moins d’une heure de délibérés, Jacqueline Carrère-Ponthieux est acquittée

Tommy Recco

Filed under: Faites Entrer l'Accusé — Poltoine @ 9:34 pm

En 1983, Thommy Recco a été condamné à la prison à perpétuité pour deux triples meurtres. 21 ans auparavant, il avait écopé de la même peine pour avoir tué son oncle. Et chaque fois, le clan Recco, “Mamma Recco” en tête, a défendu son innocence ; bravant les faits, et la honte que jetaient ces affaires sur la famille. Sous son châle noir, Mamma Recco a supporté Thommy, comme elle a supporté tous les malheurs qui se sont abattus sur elle pendant plus de 20 ans. Sur ses onze enfants, cinq ont connu une mort violente, et deux ont fini en prison pour meurtre. C’est la malédiction des Recco. Une malédiction qui pèserait sur la famille depuis que le père Recco a couché ses petits dans la carapace d’une tortue géante, dont il venait de couper la tête. Le 28 octobre 1960, Joseph Casabianca, le garde-pêche de Propriano, en Corse, est retrouvé mort sur la plage du village. Il a été abattu d’une décharge de chevrotine. La rumeur, puis son propre frère Pierre, accusent rapidement Thommy Recco, enfant d’une famille de pêcheurs. Thommy avoue, puis se rétracte, alors soutenu par tout le clan Recco. A son procès, deux ans plus tard, il échappe de justesse à la peine de mort mais il est condamné à perpétuité. Une peine qu’il effectue 17 ans, avant d’être libéré. Il s’installe alors à Marseille. Le 23 décembre 1979, dans un supermarché de Béziers, trois caissières sont tuées d’une balle dans la tête au cours d’un hold-up sanglant. Le 18 janvier 1980, un nouveau triple meurtre survient à Carqueiranne, dans le Var. Quatre balles ont suffi à tuer un père de famille, sa fille de 11 ans, et son voisin. L’enquête mène à un suspect, Thommy Recco, qui avoue le triple meurtre de Carqueiranne, mais se rétracte, cinq jours plus tard. En plateau, Dominique Brejoux, le procureur de la république de Toulon, revient sur les preuves qui accablent Recco. Parmi celles-ci, des expertises balistiques. Ce sont elles, qui conduisent d’ailleurs la police à faire le lien avec l’affaire de Beziers. Car l’arme du crime est la même dans les deux triples meurtres. Thommy est donc aussi accusé de l’assassinat des trois caissières du Mammouth de Beziers. En attendant le procès, Mamma Recco monte au créneau pour défendre son fils et l’honneur de la famille. Me Alain Lhote, l’avocat de Thommy, nous décrit une famille qui s’est soudée dans le malheur, autour de la Mamma. Une famille de onze enfants décimée par le sort. L’un est mort en bas âge, un autre dans un accident de voiture, une 3e en (…)

Jean-Luc Blanche

Filed under: Faites Entrer l'Accusé — Poltoine @ 9:33 pm

Dans les Ardennes, dans le Calvados, dans l’Eure, dans la Drôme, en Côte d’Or, ou encore en région parisienne, Jean-Luc Blanche a enlevé, séquestré et violé des jeunes femmes partout où le portait sa voiture, une Polo noire… En 2006, ce multirécidiviste a été condamné à la prison à perpétuité pour ces viols qu’il a commis durant l’été 2003. Cette affaire a fait grand bruit, jusqu’aux plus hauts niveaux de l’Etat. A l’époque Dominique Perben, ministre de la Justice, et Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, s’en sont ainsi saisis car, un mois avant ces faits, Blanche avait été accusé d’attouchements sexuels par une enfant, et arrêté. Et un juge l’avait remis en liberté sous contrôle judiciaire malgré un casier judiciaire déjà conséquent.
Les faits commencent le 12 juillet 2003. Laurence pousse la porte de la gendarmerie de Vouziers, dans les Ardennes : Jean-Luc Blanche, son compagnon, a abusé de sa fille de 9 ans. En garde-à-vue, l’homme nie. Mais son passé judiciaire ne pousse pas à le croire. En 1992, il a été condamné pour trois viols, dont celui de sa femme. C’est au juge des libertés, Paul-André Breton, de décider s’il envoie Blanche en prison, ou le libère sous contrôle judicaire le temps de l’enquête. Et c’est ce qu’il fait. En plateau, il nous explique pourquoi il remet Blanche dehors, contre l’avis du procureur. Une décision qui sera jugée scandaleuse, deux mois plus tard. Car Jean-Luc Blanche n’a pas respecté son contrôle judiciaire. Trois semaines après la fin de sa garde à vue, il est revenu chez son ex concubine pour la frapper. Et malgré, le mandat d’arrêt lancé à son encontre, il a réussi à semer les policiers pour violer cinq femmes au cours de sa cavale. Avec Christophe Hondelatte, le capitaine Laure Oliver, de la PJ de Reims, et le lieutenant Nicolas Cado, de la PJ de Caen, reviennent sur une enquête qui a mobilisé policiers et gendarmes aux quatre coins de la France jusqu’à ce que le “routard du viol” soit finalement arrêté le 7 septembre 2003. Quatre de ses victimes nous racontent leur calvaire. Toutes, décrivent Jean-Luc Blanche comme un manipulateur qui maintient sa victime dans un état de terreur jusqu’à ce que, rassasié, il tente de nouer une relation affective avec elle, et la relâche dès qu’elle ose enfin se révolter. Son procès s’ouvre le 23 juin 2006 à Charleville-Mézières. Blanche y répond de ces cinq viols mais aussi d’un sixième commis sur une mineure avec son frère Bruno, et des attouchements sur la fille de son ex-compagne. Les experts le décrivent comme un pervers narcissique et sadique, peut-être incurable. Mais lui se défend d’avoir fait du mal à ses victimes. Pour l’une d’elle, il affirme même qu’elle était consentante… Tout en reconnaissant qu’il aurait probablement tué sa prochaine victime ! Après cinq jours d’audience, Jean-Luc Blanche est condamné à la perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans.

Genneviève Montilliet

Filed under: Faites Entrer l'Accusé — Poltoine @ 9:31 pm

Geneviève Montilliet est une femme déterminée, et surtout, une mère diabolique. Pour toucher les assurance-vie qu’elle avait contractées au nom de son compagnon, Eric de Vriendt, elle n’a pas hésité à demander à ses propres fils et à l’un de leur ami de l’assassiner. Mais ils ont échoué. Alors, c’est elle, qui a fini le “travail”. Et il s’en est fallu de peu pour que la mort d’Eric de Vriendt ne reste à jamais une mort naturelle. Pas moins de 7 années de procédure ont été nécessaires pour que la diabolique d’Antibes ne soit finalement démasquée ! Le 1er novembre 1992, Eric de Vriendt, est renversé par une voiture alors qu’il se promène à vélo sur le Cap d’Antibes. Il en réchappe mais reste, à 35 ans, plongé dans un état végétatif. Après 3 mois d’hospitalisation, sa compagne, Geneviève Montilliet, insiste pour le ramener chez eux. Il y décède quelques jours plus tard, officiellement d’une “fausse route”. Geneviève organise les obsèques mais, curieusement, elle ne prévient personne. La mère d’Eric de Vriendt apprend la mort de son fils alors qu’il est déjà incinéré… Un événement hors norme qui la persuade qu’Eric a été assassiné par sa compagne, comme l’explique Me Soussi, son avocat. Et elle n’est pas la seule à trouver cette mort suspecte. Les assurances s’étonnent aussi des circonstances du décès. Aucune expertise n’est possible après l’incinération mais ils ouvrent leur propre enquête, étonnés par les 8 contrats d’assurance-vie souscrits au nom d’Eric. Des contrats dont les clauses prévoient le doublement de la prime en cas de décès par accident de la route, un jour férié. Et étrangement, l’accident de vélo du Cap d’Antibes est survenu le jour de la Toussaint… Ils alertent la police d’Antibes, mais l’enquête n’apporte aucune preuve contre Geneviève Montilliet. Jusqu’à ce qu’en 1999, 7 ans après l’accident, une nouvelle juge reprenne le dossier. Elle tente alors un coup de poker, en plaçant Geneviève et ses fils sur écoute, et en leur envoyant des convocations. Le piège fonctionne ! Des années après les faits, la famille s’alarme de cette reprise de l’enquête et parle. L’un des fils, Valéry, appelle son père, l’ex-mari de Geneviève, pour soulager sa conscience. Il lui raconte le piège que sa mère et Fabrice, son frère jumeau ? ont tendu à Eric de Vriendt. La police peut maintenant entendre la mère et ses fils. En garde-à-vue, les jumeaux expliquent qu’à l’époque des faits, ils consommaient beaucoup de drogue. Une drogue que leur mère elle même, allait jusqu’à leur fournir, pour mieux les garder sous sa coupe et les manipuler ! C’est elle, disent-ils, qui a eu l’idée de tuer Eric pour toucher les assurances et surtout se débarrasser d’un homme dont elle leur racontait qu’il la battait. C’est elle qui leur a demandé de “faire le boulot”, avec l’un de leur ami, un certain Yann Baudet. Et quand Eric a réchappé à l’accident de vélo, c’est elle qui l’a achevé à la maison. Mais si les jumeaux craquent immédiatement, face aux policiers, Geneviève nie. Et quand elle comprend que les choses tournent mal, elle n’hésite pas à mettre sur le dos de son fils Fabrice l’entière responsabilité du meurtre ! Le témoignage de son premier mari va finalement l’enfoncer définitivement. Il révèle qu’en 1985 Geneviève Montilliet avait tenté de le faire assassiner. Pour préserver ses enfants, il n’avait pas porté plainte… Le procès s’ouvre en juin 2003, devant la cour d’assises des mineurs des Alpes Maritimes, puisque Fabrice et son ami, Yann n’avaient que 17 ans au moment des faits. Sur le banc des accusés, ils sont 3. Mais Fabrice et Yann font vite figure de victimes auprès d’une Geneviève Montilliet perverse et manipulatrice. L’avocat général, Bruno Albouy, se souvient de ce personnage “démoniaque et monstrueux” contre lequel il a requit 30 ans de prison. Geneviève Montilliet a finalement été condamnée à 25 ans. Fabrice et Yann ont pris 5 ans.

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