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March 3, 2017

Raymond Kopa est mort

Filed under: Uncategorized — Poltoine @ 7:41 pm

La légende du football français Raymond Kopa, vainqueur de trois Coupes d’Europe avec le Real Madrid (1957, 1958, 1959) et ballon d’or en 1958, est décédé vendredi à l’âge de 85 ans, des suites d’une longue maladie, ont annoncé ses proches. Une minute de silence sera observée sur tous les terrains de foot, ce week-end.
Raymond Kopa « est décédé à 8h15 après une rechute de sa maladie. Raymond a été hospitalisé dimanche », a indiqué son gendre Willam Boucher.

Kopa avait déjà tout en lui

Le temps n’efface pas tout. Le football de Raymond Kopa a beau s’être dilué sous le poids des ans et des évidences, plus pétillantes, du moment, le joueur génial et virevoltant qui fit la renommée de Reims avant d’être le premier joueur français à s’expatrier (au Real Madrid) et à ouvrir ainsi une route nouvelle, reste aujourd’hui une icône. Raymond la science, Raymond la malice, Raymond tout simplement, un attaquant de poche aux déhanchements inattendus, aux dribbles courts ravageurs et aux tirs bien sûr tellement perforants…

« Ce ne fut pas facile mais j’ai réussi à faire basculer mon destin. » Raymond Kopa

L’image à plusieurs facettes ne renvoie, un demi-siècle plus tard, que des scintillements. La classe de cet homme venu de nulle part ou presque et parti de rien dont le nom de « guerre », raccourci à dessein (Raymond Kopa s’appelait à l’origine Kopaszewski) claquait comme un fouet, irrigua le football de haut niveau d’une sève incroyable. À sa façon, c’est-à-dire, tout en discrétion et en froide efficacité, Kopa « révolutionna » le football d’élite d’antan, en donnant un élan mais aussi une vision inédite du jeu à la française.

Promis à la mine

Son histoire personnelle est à elle seule une épopée fantastique. Promis à la mine de par ses origines nordistes (il vit le jour à Noeux-les-Mines), Kopa fit tout ce qui était en son pouvoir pour sortir de cette spirale sociale. Le ballon rond fut pour lui une vraie source de vie. Bien avant Platini et Zidane, autres fruits de l’immigration intelligente, il creusa un large sillon, portant le Stade de Reims très loin, très haut, et surtout créant l’événement en rejoignant l’immense Real Madrid, roi d’Europe déjà à l’époque, et ses stars : Di Stefano, Puskas, Gento…

« Je suis milliardaire en… souvenirs, ça n’a pas de prix » disait-il dans La Voix des Sports du 24 avril 2006 qui coïncidait avec la sortie de son livre « Kopa par Raymond Kopa » (1). Et ces souvenirs, inscrits au panthéon du football national, sont effectivement innombrables, beaux et chauds. « J’ai fait ce bouquin pour rappeler ce qu’était le Stade de Reims à l’époque, le rôle important qu’il occupa. C’était la première grande équipe française. »

Lire aussi Le jour où Raymond Kopaszewski est devenu Kopa

Volontiers agacé par la prééminence prise par le phénomène vert dans les années 1980 – « J’ai l’impression que beaucoup de gens pensent que tout a commencé dans le football français avec Saint-Etienne »- celui qu’on appela « le galibot » de Noeux-les-Mines en référence à ses racines minières, avouait, dans ses confidences, « avoir été prêt à tout pour ne pas finir mineur à vie ». Et surtout « que ce ne fut pas facile mais j’ai réussi à faire basculer mon destin ».

Lire aussi Raymond Kopa, de la fosse 2 de Nœux-les-Mines aux lumières du Real Madrid

De ses dribbles, tout en finesse, naquit un jour la lumière attendue. Kopa était né. Et dès lors, son étoile ne cessa de briller. 346 matchs en D1, 75 buts, 45 sélections en équipe de France, 18 buts, troisième de la Coupe du monde 1958, vainqueur de trois coupes des champions avec le Real Madrid – dont une fois aux dépens de son club de cœur, le Stade de Reims – Ballon d’Or 1958 (le premier obtenu par un Français)… Kopa rafla tout mais il n’oublia jamais d’où il venait, ni le fait que sans ses partenaires, sa réussite n’aurait sûrement pas eu un tel impact.

L’attaquant du Real Madrid, avant un match contre les Brésiliens du Vasco de Gama, le 02 juin 1956 à Madrid.

« J’ai eu envie aussi de penser aux gens de ma génération » admettait-il en préambule de son livre-souvenirs. Or, partout, Raymond Kopa ne côtoya que des grands. Les Rémois d’abord. Les Madrilènes ensuite. Sans oublier les Bleus. Ceux de 1958 et de cette autre aventure exaltante pour le football français.

La Suède, ses héros tricolores, Pelé, Fontaine… Si le Brésil finit par l’emporter, la France de Kopa y écrivit une page magnifique de son histoire. Le maestro étala, l’espace d’un tournoi, toute sa science, via un collectif fait pour briller. « Vous savez, en foot, les systèmes de jeu ne veulent pas dire grand-chose » commentait le petit homme aux jambes si vives et aux réflexes si sûrs, comme pour rappeler que le talent, quand il s’exprime aussi bien, surpasse toute forme de calculs.

Kopa s’en est allé mais Kopa est éternel.

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