Accusés

September 3, 2011

Roland Bondonny

Filed under: Faites Entrer l'Accusé — Poltoine @ 9:27 pm

Le 25 août 2004, Marius Lac, un gendarme à la retraite, est retrouvé sauvagement assassiné dans son garage à La Chapelle Spinasse, en Corrèze. Le lien est rapidement fait avec une affaire dans laquelle Marius avait témoigné peu auparavant. Une affaire d’empoisonnement de chiens qui a fait grand bruit dans la région : de mystérieuses boulettes de viandes truffées d’un produit chimique toxique bleu, le Carbofuran, étaient semées le long des routes et jusque dans les villages, faisant des centaines de victimes.
Parmi les victimes, 144 chiens de chasse. Un traumatisme sans précédent pour cette région giboyeuse, comme le racontent Eric Fournial, Christian Grandeau et Suzanne Ségurel. Pour Faites entrer l’accusé, le juge d’instruction Jean-Michel Pignoux évoquera l’enquête qu’il a dirigée sur ces vagues d’empoisonnements. Il racontera l’arrestation, le 14 février 2001, de Roland Bondonny ; le notable, fort en gueule, que la rumeur a toujours désigné comme l’empoisonneur de Corrèze et que, cette fois, les faits accusent. Malgré ses dénégations, des traces de Carbofuran ont été retrouvées dans sa voiture. Au procès, en octobre 2003, 80 parties civiles font face à Bondonny. Mais deux hommes seulement acceptent de briser la loi du silence et de défier le notable. Un chasseur, Eric Fournial, et un ancien gendarme, Marius Lac. A la barre, ils parlent de ses rapports conflictuels avec les autres chasseurs, de sa chasse privée curieusement épargnée par les boulettes. Pour Me Labrousse, l’avocat de Bondonny, il s’agit d’un complot orchestré contre son client. Mais Roland Bondonny est condamné à deux ans de prison dont un avec sursis et à plus de 110 000 euros de dédommagements. Bondonny fait appel. Quand, peu avant la date de ce second procès, Marius Lac est assassiné. Comme l’explique le juge d’instruction Eric Baron, Bondonny a un alibi. Mais les gendarmes, menés par l’adjudant chef Gérard Blazy, vont découvrir que l’auteur du crime a laissé de nombreux indices : un itinéraire, une mystérieuse Alpha Roméo rouge… Et la piste les conduit bien loin de la Corrèze : à Fourmies, dans le Nord ! C’est là qu’ils découvrent qu’un certain Alain Bodchon connaît Roland Bondonny et qu’il pourrait être son homme de main. Le 19 octobre 2004, Bodchon et Bondonny sont arrêtés. Bodchon avoue. Il a tué Marius Lac à la demande de Bondonny or le notable nie toute commandite. Il est mis en examen et incarcéré pour complicité d’assassinat. Mais le 3 février 2005, jour de son procès en appel dans l’affaire des empoisonnements de chiens, il se suicide dans sa cellule. Les propriétaires d’animaux empoisonnés ne seront jamais indemnisés. Le procès d’Alain Bodchon s’ouvre en mai 2007 à Tulle. Son avocat Me Philippe Caetano raconte son terrible périple en Corrèze. En plateau, Me Martine Gout, partie civile, revient sur un procès sur lequel planait l’ombre de Bondonny. Les jurés retiennent la préméditation et condamnent Alain Bodchon à 22 ans de réclusion pour l’assassinat de Marius Lac.

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