Accusés

September 3, 2011

La Tuerie de Belhade

Filed under: Faites Entrer l'Accusé — Poltoine @ 9:09 pm

Trois cadavres dans un relais de chasse des Landes. Trois corps, carbonisés dans l’incendie de la maison. C’est ce qu’ont découvert les habitants de Belhade, le matin du 15 décembre 1985. Mais le gérant, Jean-Claude Bonnefon, sa compagne Lucienne Gousse et le jeune garde chasse Michel Linder ont été exécutés par balles, avant d’être dévorés par les flammes ! Un coup des “Bordelais”, plutôt mal vus dans le coin, et qui se sont appropriés la chasse privée pour passer leurs week-ends à la campagne ? Car la rumeur courrait. Un maquereau bordelais lorgnait sur le relais. Il voulait en faire … un bordel.

Dès le début de l’enquête, la police s’intéresse à un certain Jean-Jacques Horvath. Il fréquentait assidûment le relais de chasse et dans sa caravane, installée sur place, on a retrouvé des fusils volés. L’homme était très proche du gérant, Jean Claude Bonnefon. Mais depuis quelques temps, il se montrait de plus en plus envahissant, ramenant des amis au relais, souvent des gens du milieu de la nuit. Quelques filles aussi. Et ça ne semblait plus du tout du goût du gérant. Quelques heures avant la tuerie, Bonnefon a raconté à sa soeur qu’il s’était fâché et avait demandé à Horvath de retirer sa caravane du terrain de chasse. Un peu plus tard, Horvath s’est à son tour confié à la soeur de Bonnefon, en des termes énigmatiques : “ton frère c’est une balance, il mérite la mort”. Les policiers bordelais activent tous leurs indics. Et ils apprennent bientôt qu’un homme se vante d’avoir fait le coup de Belhade. C’est Jean-Bernard Barthélémy.
La piste est sérieuse car Barthélémy semble très proche de Francis Ardanny, un habitué de la chasse de Belhade et surtout, un grand ami d’Horvath. Arrêté, Barthélémy s’explique. Il a agi sur les ordres d’Ardanny, qui lui avait d’abord demandé d’incendier le relais. Mais le 14 décembre, changement de programme. Il fallait finalement tuer les patrons sans laisser de témoin. Le soir de la tuerie, il a pris avec lui son beau-fils, Pascal Maillet, et un troisième larron, Jean-Pierre Alario, pour se rendre à Belhade. Maillet et Alario reconnaissent qu’ils étaient bien de l’équipée, mais semblent incapables de se souvenir précisément de leur rôle exact dans la tuerie. Les policiers sont persuadés, affirmations de Barthélémy à l’appui, qu’il y a eu une commandite directe d’Ardanny, lui même pressé par Horvath. D’ailleurs, on a retrouvé chez Ardanny des fusils que des témoins avaient toujours vus au relais de Belhade. Et quand Barthélémy a commencé à se vanter d’avoir fait le coup, Horvath lui a passé un sacré savon ! Un barman a assisté à la scène, un soir, dans une boite de Bordeaux. Pour la défense d’Horvath et d’Ardanny, leur implication ne tient pas. Pourquoi auraient-ils fait tuer le gérant ? Pour installer des prostituées au relais ? Ragots ! Et quand bien même, auraient-ils embauchés une telle équipe de bras cassés, pour commettre ces meurtres ? Peine perdue, les policiers, le juge, croient Barthélémy et tout le monde devra s’expliquer devant les assises des Landes.

Au procès, Horvath et Ardanny ne parviennent pas à convaincre de leur innocence dans cette affaire. Le premier fait le dos rond, jurant sa belle amitié avec Bonnefon, tandis que le second joue les gros bras. Pour les enfoncer un peu plus, un expert psychanalyste, le professeur d’Espagnac, fait forte impression en soutenant la thèse de l’accusation. Celle de la commandite. Tout le monde prend perpétuité, sauf Alario condamné à 15 ans.
A l’époque, il n’y a pas d’appel. Mais, deux ans plus tard, en 1991, coup de théâtre ! On apprend que le psychanalyste, le professeur d’Espagnac, est un escroc ! Il n’était pas plus psychanalyste que chirurgien, ou évêque, comme il l’a prétendu à d’autres moments de sa vie. Tout le monde a été dupé. Un nouveau procès doit se tenir devant les assises des Landes. Seul Pascal Maillet en tirera bénéfice. Sa peine passe de perpétuité à 18 ans de prison. Quant à Horvath, et Ardanny, malgré leurs dénégations continuent, ils restent, les commanditaires de cette expédition meurtrière.

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