Accusés

September 2, 2011

Edwige Alessandri

Filed under: Faites Entrer l'Accusé — Poltoine @ 10:20 pm

                                                                                                                                                         Trois fois jugée. Trois fois condamnée. Pour la justice, il n’y a aucun doute : le 16 juillet 2000, vers minuit, Edwige Alessandri a tué son mari, Richard, d’un coup de fusil. C’est d’ailleurs ce qu’a dit, son propre fils, Yohann. En garde à vue, le garçon a avoué. Il a raconté le meurtre, ou plutôt, l’accident. La modification de la scène de crime… Le mensonge, orchestré avec sa mère et son petit frère… Mais, quelques jours plus tard, l’adolescent de 17 ans, s’est rétracté, pour revenir à la version d’Edwige ; celle d’une attaque par des cambrioleurs. Une version qu’un détective privé célèbre a tout fait pour étayer, au prix d’une contre enquête fouillée. Las ! Depuis 10 ans, Edwige Alessandri crie son innocence. Et il n’y a bien que ses avocats et son comité de soutien qui l’entendent. C’est en pleine nuit que les pompiers ont été appelés. Pour un meurtre, commis, à Pernes les Fontaines, dans le Vaucluse. Richard Alessandri venait d’être tué, d’un coup de fusil de chasse, alors qu’il était dans son lit. Quand les gendarmes arrivent sur place, Édwige raconte : deux cambrioleurs sont entrés dans leur chambre. Richard était assis dans le lit. Elle a entendu une forte détonation et un des hommes dire “Merde le coup est parti ! Tirez-vous !” Pour elle, c’est un cambriolage qui a mal tourné. Richard dirige le supermarché local. On en voulait à son argent. Les techniciens en identification criminelle débarquent. Dans l’escalier qui mène à la chambre, ils relèvent de la terre, et un pétale de fleur. Et la famille leur indique une fenêtre qui ferme mal, dans la cuisine. Mais les experts doutent vite que les cambrioleurs aient pu passer par là. Certes, des jardinières ont bien été déplacées sur le bord extérieur. Mais à l’intérieur, ils ne retrouvent aucune trace d’intrusion… Et puis, le tamponnement des mains de la famille les fait douter. Sur celles d’Edwige et de Johann, ils retrouvent des pollutions de tir. Et sur celles de Brice, qui a 12 ans, et qui a toujours affirmé qu’il dormait au rez-dechaussée au moment du drame, ils relèvent des résidus de tirs… Lors d’une mise en situation, les gendarmes démontrent aussi qu’Edwige n’a pas pu entendre les cambrioleurs crier “Le coup est parti”. L’impact sonore du tir dans la pièce étant trop assourdissant pour cela. Devant tous ces éléments, les enquêteurs délaissent peu à peu la piste du cambriolage, pour s’intéresser à la famille. Ou plutôt au couple que formaient Richard et Edwige ; l’entrepreneur ambitieux et talentueux, et sa jolie femme de poigne. Avec un super marché en plein essor, un superbe mas à Pernes les Fontaines… les Alessandri faisaient figure de couple idéal. Et c’est d’ailleurs bien comme cela qu’Edwige décrit sa liaison avec Richard aux gendarmes. Tandis que la famille, les amis leur apportent un tout autre son de cloche : depuis toujours, le couple connaissait des hauts et des bas orageux, et ces derniers temps, il se déchirait notamment, au sujet de Yohann, le fils qu’Edwige avait eu lors d’un premier mariage. Étonnant… Le rapport d’autopsie va apporter un élément nouveau. Il démontre que quand Richard a été tué, il était couché et se redressait. Alors qu’Edwige affirme qu’il était assis. Et les traces de sang prouvent que le corps de Richard a été bougé avant l’arrivée des secours. Aurait-on voulu maquiller une scène de crime ? Edwige Alessandri et Yohann sont placés en garde à vue. Au bout de 22 heures, Yohann craque. Il parle d’une dispute, et explique que sa mère a tué accidentellement Richard. Avec son frère Brice, ils ont donc dispersé de l’herbe dans l’escalier pour faire croire à une intrusion extérieure. Puis il a caché l’arme du crime dans une haie du jardin. Confrontée aux aveux de son fils, Edwige nie, le traite de menteur. Et une semaine plus tard, Yohann se rétracte devant le juge d’instruction. Mais pour les gendarmes, il a été manipulé par sa famille. Lors des écoutes téléphoniques, ils ont entendu son père lui ordonner de “fermer son claque-merde”. Edwige va en prison. Ses défenseurs décident de contre attaquer. Ils s’appuient sur le travail d’un détective privé de renom, l’ancien gendarme Jean-François Abgrall. Patiemment, il reprend toute l’enquête et apporte une nouvelle version des faits. Une version qui vient étayer de nouveau la thèse du cambriolage. Mais ces arguments, repris par la défense, ne suffiront pas à convaincre la justice. Par trois fois, malgré la plaidoirie adroite de ses avocats, dont le ténor du barreau Me Thierry Lévy, et le soutien infaillible de ses deux fils, Edwige Alessandri sera condamnée pour le meurtre de son mari.

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